Focus Technique : Qu’est-ce que le DAS et comment le mesure-t-on ?

L’ANFR a publié cette semaine les résultats des mesures de DAS réalisées sur 95 téléphones portables. Mais au fait, qu’est-ce que le DAS ? Pour y répondre, les membres du groupe de travail « Ondes et Santé » de l’AFNUM partagent leur expertise sur le sujet.

Bonne lecture !

Qu’est-ce que le DAS ?

La mesure du DAS (débit d’absorption spécifique) permet de quantifier la quantité d’énergie transportée par les ondes électromagnétiques qui est absorbée par le corps humain lors de l’utilisation d’un équipement radioélectrique, tel qu’un téléphone mobile ou une montre connectée par exemple. Cette mesure s’exprime en watt par kilogramme.

Depuis les années 1990, les équipements radioélectriques utilisés près du corps humain doivent respecter des valeurs de DAS maximales, définies dans la réglementation française et européenne.

Le DAS est pris en compte a trois endroits différents du corps humain :

Le DAS maximal autorisé en France est de 2W/kg pour la tête et le tronc, et de 4W/kg pour les membres.

Crédit : ANFR

Le DAS est pris en compte a trois endroits différents du corps humain :

  • Le « DAS tête », mesuré au niveau de la tête, qui correspond à la mesure de DAS lors de l’utilisation d’un appareil près de la tête, comme un téléphone lors d’une conversation.

  • Le « DAS tronc », qui correspond aux ondes absorbées par le tronc lorsque l’appareil se situe dans une poche de veste, un sac à dos, etc.

  • Enfin le « DAS membre », mesuré quand l’appareil est situé près d’un membre, dans un brassard ou une poche de pantalon.

Le DAS maximal autorisé en France est de 2W/kg pour la tête et le tronc, et de 4W/kg pour les membres.

Crédit : ART-FI

Un peu d’histoire

Depuis les années 1830, période à laquelle ont été découvert les champs électromagnétiques, de nombreuses innovations utilisant les émissions radio sont apparues, comme le micro-ondes ou la diffusion de la télévision.

C’est à partir du milieu du XXème siècle que l’on va commencer à s’intéresser à leur impact sur la santé. Ainsi, dès les années 1950, des normes voient le jour pour étudier et limiter les effets de certaines de ces ondes sur la nature ou les êtres humains. Les normes sont apparues progressivement, d’abord imposée au niveau de la tête, puis du corps.

En France, l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a vu le jour en 1997, notamment pour gérer la bonne utilisation des ondes et contrôler les réseaux radioélectriques indépendants. L’Agence contrôle également le respect des limites de DAS sur les équipements radioélectriques comme les téléphones mobiles.

 

Comment le mesure-t-on ?

Les méthodes actuellement utilisées consistent à évaluer la quantité maximale d’ondes électromagnétiques absorbées dans un modèle anthropomorphique de corps et de tête humaine, lorsqu’un téléphone mobile émet à puissance maximale, et ce dans toutes les configurations radio des protocoles d’émission (3G, 4G, 5G). Ces bancs de tests traditionnels sont tous constitués de mannequins ayant la forme de tête et de tronc humain, remplis de liquides biologiques, qui imitent le comportement du corps et de la tête au niveau de la propagation des ondes.

Ces tests nécessitent un certain temps pour être réalisés puisque, selon la pratique actuelle, entre 20 minutes et 1h30 sont nécessaires pour chaque mesure, ce qui porte à 5 semaines environ la durée du processus entier de certification d’un seul appareil. Les vérifications et l’étalonnage des mesures sont une partie incompressible du temps de mesure avec ces techniques. Cette pratique actuelle correspond aux technologies de mesure autorisées par les standards internationaux de 2005 (IEC 62209-1) et de 2010 (IEC 62209-2).

Découvrez en image la façon traditionnelle de mesurer le DAS en laboratoire :

Qui mesure le DAS ?

C’est l’ANFR qui est chargée de réaliser des mesures de DAS sur les téléphones mis sur le marché français et de faire respecter la réglementation quant au respect des valeurs limites autorisées. Chaque année, l’ANFR publie en open data les résultats de ses mesures. Les metteurs sur le marché de téléphones qui affichent des résultats en dehors des valeurs autorisées peuvent, le cas échéant, faire rectifier les niveaux de DAS de leurs produits par mise à jour logicielle. Dans le cas contraire, les téléphones doivent être retirés du marché.

Quelles conséquences avec l’arrivée de la 5G ?

Avec l’arrivée de la 5G et des nouveaux smartphones compatibles avec cette dernière génération de réseau mobile, les enjeux autour de la mesure du DAS sont cruciaux et le besoin d’avoir une technologie de mesure rapide, précise et efficace devient central. En effet, les fonctionnalités nouvelles de la 5G en matière de gestion des ondes viennent complexifier les tests. Aussi, les fabricants sont en recherche de solutions qui permettent des résultats fiables et rapides, , tout en restant soutenables économiquement.

Plus précisément, cette nouvelle génération de réseaux mobiles permet pour la première fois à un téléphone d’émettre sur plusieurs fréquences à la fois : on parle d’émission multifréquence, par rapport aux émissions monofréquences des générations plus anciennes (2G, 3G, 4G).

Les méthodes de test ont donc évolué pour prendre en compte les mesures compatibles avec une émission multifréquence, comme c’est le cas avec la norme IEC 62209-3 de 2019. Ceci permet d’avoir des mesures du DAS plus cohérentes avec l’utilisation de téléphones mobiles en 5G.

Découvrez en image les nouvelles méthodes de mesure de DAS :